Réponse rapide : quels sont les six termes solaires de l’automne ?
Les six termes solaires de l’automne (节气, jiéqì) délimitent la saison automnale traditionnelle, qui commence au début d’août et se poursuit jusqu’au Début de l’Hiver, ou Lidong (立冬, Lìdōng), au début de novembre. Leur ordre reste le même, mais leurs dates de début dans le calendrier grégorien peuvent varier légèrement d’une année à l’autre.[1]
Le tableau indique les dates de début en 2026, en UTC+8. Ces dates sont propres à cette année et ne se répètent pas nécessairement d’une année à l’autre.[2]
| Terme solaire | Nom anglais | Date en 2026, UTC+8 |
|---|---|---|
| Liqiu (立秋, Lìqiū) | Start of Autumn | 7 août |
| Chushu (处暑, Chǔshǔ) | End of Heat | 23 août |
| Bailu (白露, Báilù) | White Dew | 7 septembre |
| Qiufen (秋分, Qiūfēn) | Autumn Equinox | 23 septembre |
| Hanlu (寒露, Hánlù) | Cold Dew | 8 octobre |
| Shuangjiang (霜降, Shuāngjiàng) | Frost’s Descent | 23 octobre |
Shuangjiang marque le début de la dernière partie de l’automne. La saison se poursuit ensuite jusqu’à Lidong, qui tombe le 7 novembre en 2026.[2]

Le calendrier peut annoncer l’automne alors qu’à Pékin on se croirait encore en plein été. Quelques semaines plus tard, longanes, kakis et céréales fraîchement récoltées donnent une autre tonalité à la saison. Le calendrier automnal chinois relie ces changements à des aliments et à des coutumes locales, sans que la météo ni les menus obéissent à un calendrier national unique.
Pourquoi l’automne peut commencer avant le rafraîchissement
Chaque terme solaire commence lorsque le Soleil atteint une position déterminée le long de l’écliptique ; deux termes successifs sont séparés de 15 degrés de longitude solaire. Liqiu commence à 135 degrés et Shuangjiang à 210 degrés. La température relevée au thermomètre ne détermine aucune de ces dates.[1]
Ces repères solaires s’inscrivent dans le calendrier luni-solaire chinois, Nongli (农历, nónglì), mais ne correspondent pas à des dates fixes de mois et de jour lunaires. Notre guide du calendrier lunaire chinois explique cette relation.
Le rafraîchissement local dépend de la latitude, de l’altitude et des conditions météorologiques. L’expression populaire « tigre d’automne », Qiulaohu (秋老虎, qiūlǎohǔ), désigne des épisodes de chaleur qui persistent ou reviennent après Liqiu. Elle ne correspond à aucune période fixe du calendrier. D’où l’apparente contradiction : l’automne traditionnel peut commencer alors que la chaleur estivale persiste.[3]
Aliments et coutumes au fil des six termes solaires de l’automne
Les exemples ci-dessous montrent comment différentes communautés marquent la saison. Ils constituent un guide culturel, et non un menu commun associé à six dates.
Liqiu : « mordre l’automne » et repas copieux
À Pékin, la coutume de « reprendre du poids pour l’automne », Tieqiubiao (贴秋膘, tiē qiūbiāo), est associée à des plats de viande copieux après l’été. Le porc braisé et le jarret de porc marquent le changement de saison par un copieux repas familial. L’expression rappelle l’ancienne idée de reprendre le poids perdu pendant l’été.[3]
Une autre pratique consiste à « mordre l’automne », Yaoqiu (咬秋, yǎoqiū), également appelée « grignoter l’automne », Kenqiu (啃秋, kěnqiū). Manger de la pastèque donne un sens littéral à l’expression : une bouchée de fruit estival marque l’arrivée de l’automne.[3]
Le repas ne se limite ni à la viande ni au melon. Des archives de Zhucheng et de Laixi, dans le Shandong, mentionnent la consommation de Zha (渣, zhā), une préparation à base de soja moulu et de légumes verts, parfois décrite comme un « petit tofu ». Ici, le repas saisonnier repose sur le soja et les légumes verts, parallèlement aux traditions de viande et de melon évoquées plus haut.[4]
Chushu : plats de canard à mesure que la chaleur estivale s’atténue
Le nom Chushu évoque la fin de la chaleur, même si les journées chaudes peuvent se prolonger. À Nankin, le canard est un aliment saisonnier particulièrement emblématique. Le canard salé et les plats de canard préparés à la maison rattachent cette période à la longue tradition culinaire du canard dans la ville.[5]
Les familles partagent aussi des plats de canard avec leurs voisins. Cette coutume a une dimension sociale : préparer un plat et en offrir une partie aux voisins fait du partage une manière de marquer la saison. Le geste compte autant que la recette elle-même.[5]
Chushu n’annonce pas non plus une même période de récolte du riz partout. Le riz précoce et le riz tardif suivent des cycles de culture différents, et les dates de récolte, de repiquage et d’entretien des champs varient selon les localités. Les travaux agricoles d’automne se chevauchent ; chaque terme ne correspond donc pas à une opération unique.[6]
Bailu : longanes, thé et nuits plus fraîches
Bailu évoque la rosée sur la végétation lorsque les nuits se rafraîchissent. À Fuzhou, dans le Fujian, manger des longanes est une coutume saisonnière bien documentée. Leur coque brune et leur chair translucide en font un élément caractéristique de la table automnale locale. Ce fruit bien connu dans la région devient ainsi une façon de marquer la saison.[7]
Le thé offre un autre exemple régional. À Nankin, le thé de Bailu (白露茶, báilù chá) désigne un thé cueilli autour de cette période. C’est une appellation liée à la récolte d’automne, et non un type botanique distinct de thé.[7]
Aucune de ces appellations n’impose le même calendrier de cueillette à toutes les régions productrices de thé. Le climat, l’altitude et le type de thé produit influencent la récolte. Pour une comparaison plus large, consultez notre guide des saisons de récolte du thé chinois.
Qiufen : équinoxe et célébrations des récoltes
À l’équinoxe de septembre, le Soleil traverse l’équateur céleste. Le jour et la nuit ont une durée approximativement égale, plutôt qu’exactement douze heures partout : la réfraction atmosphérique et la manière dont sont définis le lever et le coucher du Soleil influent sur la durée du jour mesurée.[8]
Dans les champs, les récoltes d’automne peuvent coïncider avec les semis des cultures d’hiver. Dans le nord, la récolte du maïs et les semis de blé d’hiver, ainsi que les semis de colza dans les régions adaptées, font partie de cette période de transition agricole. Les dates réelles dépendent des cultures et des conditions locales.[6]
Une célébration moderne rend ce lien explicite. En 2018, la Chine a créé la Fête chinoise des récoltes paysannes (中国农民丰收节, Zhōngguó Nóngmín Fēngshōu Jié), célébrée chaque année à Qiufen. Il s’agit d’une fête contemporaine consacrée à l’agriculture, et non d’une ancienne célébration restée inchangée.[9]
Les rituels plus anciens ont leur propre histoire. L’Autel de la Lune de Pékin servait au culte impérial de la Lune lors de l’équinoxe d’automne sous les Ming et les Qing. Il est distinct de la Fête de la Mi-Automne (中秋节, Zhōngqiū Jié), fixée au quinzième jour du huitième mois lunaire.[10]
Une coutume populaire attestée à Qiufen consistait à placer des boulettes de riz nature près des champs, dans l’espoir symbolique de « coller » le bec des oiseaux et de protéger les céréales. Elle exprime l’espoir d’une bonne récolte et ne constitue pas une méthode réelle de lutte contre les nuisibles.[11]
Hanlu : aliments au sésame, crabes et chrysanthèmes
Autour de Hanlu, la table automnale du Jiangnan met souvent à l’honneur les crabes chinois à mitaines, Dazhaxie (大闸蟹, dàzháxiè). Cette association est particulièrement ancrée dans la culture alimentaire saisonnière du bas Yangtsé ; le terme solaire ne fixe pas une date universelle à laquelle tous les crabes seraient prêts à être consommés.[12]
Le sésame fournit un autre exemple. Boulettes de sésame, nougatines et pâtisseries au sésame sont associées à Hanlu dans les traditions culinaires du nord. Avec leurs ingrédients familiers, ces préparations inscrivent ce moment de la saison dans l’alimentation quotidienne.[12]
Le terme agricole « vent de rosée froide », Hanlufeng (寒露风, hánlùfēng), demande lui aussi des précisions. Il désigne des conditions fraîches dommageables pour le riz tardif du sud, notamment au moment de l’épiaison et de la floraison. Ces conditions peuvent survenir avant Hanlu ; le nom ne fixe pas la date de ce phénomène météorologique.[13]
L’observation des chrysanthèmes et la coutume de « monter en hauteur », Denggao (登高, dēnggāo), appartiennent également à la saison automnale au sens large. Elles sont étroitement associées à la Fête de Chongyang (重阳节, Chóngyáng Jié), qui tombe le neuvième jour du neuvième mois lunaire. En 2026, Chongyang a lieu le 18 octobre, dix jours après Hanlu, ce qui montre que la proximité saisonnière entre Hanlu et Chongyang n’implique pas une date fixe commune.[2][12][14]
Shuangjiang : kakis et approche de l’hiver
Dans certaines régions du Fujian, manger des kakis est associé à Shuangjiang. Les kakis mûrs, d’un orange vif, constituent un signe saisonnier très visible, mais la récolte dépend de la variété et du lieu. Cette coutume ne signifie pas que tous les kakis mûrissent le même jour du calendrier.[15]
Le nom « Descente du Givre » peut prêter à confusion s’il est interprété littéralement. Le givre se forme lorsque la vapeur d’eau se dépose directement sous forme de glace sur une surface suffisamment froide. La rosée, au contraire, est constituée de gouttelettes liquides. Le givre ne tombe pas du ciel comme la pluie ou la neige.[16]
Le terme commence lorsque le Soleil atteint une position déterminée, qu’il y ait ou non du givre dans une localité donnée. Les régions du nord et de haute altitude peuvent en avoir connu plus tôt, tandis que les zones méridionales plus chaudes peuvent rester sans givre. Le dernier terme de l’automne annonce donc l’approche de l’hiver sans fournir de prévision nationale de la première gelée.[1][16]
De la récolte au séchage et au stockage
De nombreuses traditions alimentaires d’automne s’expliquent par les récoltes, mais le travail se poursuit une fois les produits rentrés. Le séchage et le stockage permettent aux familles de profiter de l’abondance saisonnière. Parallèlement, les semis d’automne préparent certains champs aux cultures de l’année suivante.[6]
Huangling, village de montagne de Wuyuan dans le Jiangxi, est connu pour le « séchage de l’automne », Shaiqiu (晒秋, shàiqiū). Le manque de terrain plat a favorisé l’utilisation des fenêtres, des toits et de claies en bois pour sécher des produits tels que les piments et le maïs. Ces supports transforment les espaces bâtis du village en lieux de travail.[17]
Les présentations destinées aux visiteurs mettent aujourd’hui aussi les récoltes en scène pour leurs couleurs et leur effet visuel. Le séchage se pratique à différentes saisons, avec les produits disponibles à ce moment-là. Une présentation touristique soigneusement composée et le séchage domestique quotidien peuvent utiliser les mêmes produits tout en répondant à des objectifs différents.[17]
Ce contexte agricole aide à expliquer la place importante des céréales, des fruits et des produits conservés. Il s’ajoute à d’autres influences déjà évoquées : les repas familiaux, les dons entre voisins, les rituels de cour et une célébration nationale moderne des récoltes.
FAQ sur les termes solaires de l’automne
Quand l’automne commence-t-il selon les termes solaires chinois ?
L’automne traditionnel commence avec Liqiu au début d’août et se poursuit jusqu’à Lidong au début de novembre. Qiufen se situe au milieu de cette saison. Cette définition diffère de la convention astronomique de l’hémisphère Nord, qui fait commencer l’automne à l’équinoxe de septembre.[1][8]
La Fête de la Mi-Automne est-elle un terme solaire ?
Non. Qiufen suit la position du Soleil, tandis que la Fête de la Mi-Automne suit le calendrier lunaire et tombe le quinzième jour de son huitième mois. Leurs dates grégoriennes peuvent coïncider : toutes deux sont tombées le 23 septembre en 1980. Des règles calendaires différentes n’empêchent donc pas leurs dates de se chevaucher.[10][18]
Mange-t-on les mêmes aliments d’automne dans toute la Chine ?
Il n’existe pas de menu national commun aux six termes. Les repas copieux de Liqiu à Pékin, le canard de Chushu à Nankin et les longanes de Bailu à Fuzhou illustrent des traditions régionales distinctes. Une association locale documentée ne signifie ni que tous les foyers la suivent, ni que cet aliment est absent ailleurs.[3][5][7]
Shuangjiang signifie-t-il que le givre commence partout ?
Non. Shuangjiang commence à une longitude solaire fixe, et non à un seuil de température. La formation réelle du givre dépend des conditions de surface et du temps local ; elle peut donc survenir avant ou après le terme, ou ne pas se produire dans les régions chaudes.[1][16]
Sources
[1] Hong Kong Observatory. The 24 Solar Terms
[2] Hong Kong Observatory. 2026 Gregorian–Lunar Calendar
[3] China News Service. Liqiu Foods and Folk Customs
[4] Shandong Local Chronicles. Seasonal Customs
[5] China Weather. Chushu Customs and Nanjing Duck
[6] Ministry of Agriculture and Rural Affairs. 2026 Autumn Harvest and Sowing Guidance
[7] China Weather. Bailu Longan and Tea Traditions
[8] NASA Night Sky Network. Embracing the Equinox
[9] State Council. Decision Establishing the Chinese Farmers’ Harvest Festival
[10] Beijing Municipal Cultural Heritage Bureau. Moon Altar
[11] China Weather. Qiufen Foods and Folk Customs
[12] People’s Daily Overseas Edition. Hanlu Foods and Seasonal Customs
[13] China Weather. Hanlufeng and Late Rice
[14] Palace Museum. Chongyang Festival
[15] China Weather Fujian. Shuangjiang Persimmon Customs
[16] Hong Kong Observatory. The Looks of Water in Winter
[17] Wuyuan Huangling. Seasonal Drying and Contemporary Displays
[18] Hong Kong Observatory. 1980 Gregorian–Lunar Calendar