Signification et symbolisme des couleurs chinoises Guide clair avec bols de pigments des Cinq Couleurs et motif culturel chinois

Signification et symbolisme des couleurs chinoises : guide clair

Signification et symbolisme des couleurs chinoises Guide clair avec bols de pigments des Cinq Couleurs et motif culturel chinois
Découvrez la signification des couleurs chinoises à travers les Cinq Couleurs, qing, les vêtements impériaux, les fêtes, les coutumes de deuil, l’art, les tabous et une interprétation fondée sur le contexte.
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Sommaire

Réponse rapide : que signifient les couleurs dans la culture chinoise ?

Dans la culture chinoise, les couleurs n’ont pas une signification unique et permanente. Leur sens dépend de l’époque, du cadre, du matériau, de l’objet, des motifs associés et du contexte écrit. De manière générale, la couleur remplit cinq fonctions culturelles :

  • Célébration et vœux favorables : Les couleurs peuvent exprimer la joie, le renouveau et les bons vœux lors des mariages et des fêtes saisonnières.
  • Ordre rituel et cosmique : Les systèmes traditionnels relient les couleurs aux directions, aux saisons et aux Cinq Phases.
  • Deuil et solennité : Des tons sobres ou dépouillés contribuent à définir les contextes funéraires, ancestraux et cérémoniels.
  • Rang et autorité : Les couleurs réglementées des vêtements de cour et des objets impériaux pouvaient indiquer le statut et l’occasion.
  • Expression artistique : Pigments, teintures, glaçures et encre créent des associations saisonnières, naturelles, religieuses ou littéraires.

Aucune couleur n’apporte automatiquement chance, richesse, santé ou protection. Une lecture culturellement exacte doit déterminer où, quand et comment la couleur est employée.

 

Un vêtement de mariage rouge, une tenue de deuil blanche, un paysage à l’encre noire et une robe de cour jaune ne relèvent pas d’un code simple opposant couleurs « porte-bonheur » et « porte-malheur ». Les significations des couleurs chinoises se sont développées à travers les systèmes rituels, les matériaux, les règles sociales, la littérature, la religion et les usages quotidiens. Ce guide présente les principales couleurs et explique comment les interpréter sans réduire une tradition complexe à un tableau de fortune. Il constitue aussi une base pour le système plus large des symboles chinois et de leurs significations.

Pourquoi les couleurs chinoises n’ont-elles pas une signification fixe ?

Dans la pensée chinoise ancienne, la couleur était souvent comprise à travers la substance colorée ou la surface d’un objet plutôt que comme une bande abstraite de lumière. Pigments minéraux, teintures végétales, métaux, glaçures, textiles et matières naturellement colorées comptaient donc dans l’interprétation. Un terme de couleur pouvait désigner un matériau, une catégorie sociale, une relation rituelle ou une teinte visible, et ces fonctions ne coïncidaient pas toujours.[1][2]

Avant d’attribuer un sens, vérifiez six variables : période historique, région, nuance ou matériau précis, type d’objet, occasion sociale et motifs ou inscriptions environnants. Une même grande catégorie de couleur peut changer de sens dès que l’une de ces variables change.

  • Rouge : Il est fortement associé à la célébration dans les mariages et le Nouvel An lunaire, mais écrire le nom d’une personne vivante à l’encre rouge peut paraître de mauvais augure ou irrespectueux dans de nombreux contextes chinois.
  • Blanc : Le blanc, notamment celui des matières non teintes ou d’aspect simple, joue un rôle important dans les vêtements de deuil ; il peut aussi évoquer la simplicité, la clarté ou une sobriété volontaire dans la céramique et la peinture.
  • Noir : Il peut désigner l’Eau et le nord dans un tableau cosmologique, l’encre dense en peinture, la sobriété officielle dans l’habillement ou une idée négative dans une expression moderne particulière.

C’est pourquoi « le rouge signifie la chance » ou « le blanc signifie la mort » peuvent constituer une première piste utile, mais jamais une interprétation complète. Le symbolisme des couleurs naît de la relation entre une couleur et son contexte, non d’une propriété immuable de la couleur elle-même.

Les Cinq Couleurs traditionnelles et le système Wuxing

Les Cinq Couleurs (五色, wǔsè) sont qing (青, qīng), le rouge ou chi (赤, chì), le jaune (黄, huáng), le blanc (白, bái) et le noir (黑, hēi). Elles ont intégré un système plus large de correspondances associé au Wuxing (五行, wǔxíng), qu’il vaut mieux traduire ici par les Cinq Phases que par cinq « éléments » physiques. Au fil du temps, les textes classiques et techniques ont élaboré des relations entre couleur, direction, saison, processus matériels et ordre rituel ; il ne faut pas les traiter comme un tableau inchangé créé en une seule fois.[1][2][3]

Couleur traditionnelleCinq PhasesDirectionPosition saisonnièreAssociation habituelle dans le système
Qing (青, qīng)BoisEstPrintempsCroissance et émergence
Chi (赤, chì)FeuSudÉtéChaleur, expansion et éclat
Huang (黄, huáng)TerreCentreCentre saisonnier ou transitions dans certains schémasCentralité et stabilité
Bai (白, bái)MétalOuestAutomneContraction et clarté
Hei (黑, hēi)EauNordHiverProfondeur, réserve et immobilité

Il s’agit de catégories relationnelles, non d’échantillons chromatiques précis. Chi est plus spécifique que la vaste catégorie moderne « rouge », tandis que qing couvre un spectre que le français moderne répartit souvent entre bleu, vert et tons plus sombres. Les correspondances exactes varient également selon le texte et l’usage historique ; le tableau présente donc le cadre le plus connu, non une clé universelle.

Ce que signifient réellement les correspondances des Cinq Couleurs

Les Cinq Couleurs ont contribué à organiser les relations entre les mondes humain, naturel et politique. Elles pouvaient guider les distinctions rituelles, les systèmes directionnels, les associations calendaires et le langage visuel des objets officiels. Dans certains systèmes artistiques, les couleurs directionnelles apparaissent aussi à travers des figures telles que le Dragon Azur de l’est, l’Oiseau Vermillon du sud, le Tigre Blanc de l’ouest et la Tortue Noire du nord.

Ce système est descriptif et historique. Il ne signifie pas que porter une couleur associée au Bois, au Feu, à la Terre, au Métal ou à l’Eau modifiera le destin d’une personne. Les calculs modernes de « couleur porte-bonheur » peuvent emprunter le vocabulaire du Wuxing, mais ils ne relèvent pas de la même démarche que l’interprétation d’une robe historique, d’une peinture murale, d’un récipient ou d’un texte ancien.

Signification des couleurs chinoises en un coup d’œil

Le tableau ci-dessous offre un point de départ prudent pour neuf catégories de couleurs fréquemment recherchées. Chaque association dépend du contexte ; la dernière colonne empêche le raccourci de devenir une affirmation universelle.[1][2]

Couleur et terme chinoisAssociations courantesContextes typiquesNe pas supposer automatiquement
Rouge (红, hóng ; aussi 赤, chì, dans les systèmes anciens)Célébration, vitalité, accent rituel, vœux favorablesNouvel An lunaire, mariages traditionnels, sceaux, décor festifQue toute marque rouge est porte-bonheur, romantique ou appropriée
Jaune (黄, huáng)Terre, centralité, autorité, certains privilèges impériauxSchémas des Cinq Couleurs, vêtements de cour, architecture, objets bouddhiquesQue tout objet jaune était réservé à l’empereur
Or (金, jīn)Matériau précieux, splendeur, rayonnement, apparat sacré ou de courSculpture dorée, travail du métal, broderie, détails architecturauxQue l’or et le jaune sont culturellement ou matériellement identiques
Blanc (白, bái)Deuil, simplicité, clarté, retenueVêtements funéraires, tissu non teint, objets monochromes, peintureQue le blanc signifie toujours mort ou malheur
Noir (黑, hēi)Eau et nord, profondeur, gravité, encre concentréeSchémas des Cinq Couleurs, peinture, vêtements, objets rituelsQue le noir signifie toujours le mal
Vert (绿, lǜ)Végétation, fraîcheur, croissance ; un célèbre tabou socialPaysage, textiles, céramique, habillement moderneQue tout ce qui est vert porte malheur à cause de l’expression du « chapeau vert »
Bleu (蓝, lán)Couleur de teinture, décor céramique, contraste visuel froidTextiles indigo, porcelaine bleu et blanc, décoration populaireLes associations du marketing occidental avec la confiance et le professionnalisme
Pourpre (紫, zǐ)Associations célestes et de cour, rareté, imagerie taoïsteAstronomie de l’Enceinte Pourpre, vêtements, contextes religieux et palatiauxUne signification universelle de richesse ou de luxe
Qing (青, qīng)Une gamme historique couvrant bleu, vert, bleu-vert, gris et tons sombresTextes classiques, Cinq Couleurs, céramique, vêtements, termes paysagersUne seule couleur moderne en français ou une valeur numérique fixe

Le mot moderne hong est un terme courant et large pour le rouge, tandis que chi, zhu (朱, zhū) et dan (丹, dān) peuvent renvoyer à des catégories historiques, à des pigments ou à des registres littéraires différents. De même, une surface dorée n’est pas simplement « jaune », et un bleu teint à l’indigo n’est pas interchangeable avec une glaçure qing. Les matériaux et les mots font partie des indices.

Pourquoi qing n’est-il pas simplement bleu ou vert ?

Qing est l’un des exemples les plus clairs de la difficulté à traduire terme pour terme les mots historiques de couleur. Son champ a évolué au fil du temps et peut franchir des frontières que le français moderne traite comme des couleurs de base distinctes. Selon l’objet et l’expression, qing peut être rendu par bleu, vert, bleu-vert, vert grisâtre ou même par un ton sombre.[1][7]

Expression chinoiseObjet habituelTraduction française selon le contexte
青天 (qīngtiān)CielCiel bleu ou dégagé
青草 (qīngcǎo)HerbeHerbe verte
青瓷 (qīngcí)Céramique émailléeCéladon ou céramique à glaçure qing
青衣 (qīngyī)Vêtement ou nom de rôle théâtralSombre, bleu, bleu-vert ou nom conventionnel d’un rôle, selon le contexte

L’objet fournit une partie du sens. Traduire qing dans un poème sur la végétation n’est pas la même chose qu’identifier une glaçure de céramique, un textile ou une correspondance directionnelle dans le système des Cinq Couleurs. Il n’existe donc pas de « code hexadécimal qing » historiquement valable. Une notice de musée, une recette, une analyse des matériaux ou la phrase environnante sont plus utiles qu’un sélecteur de couleur moderne.

Comment le symbolisme des couleurs chinoises a évolué au fil du temps

La culture chinoise de la couleur s’est construite par strates plutôt qu’en suivant une séquence unique et uniforme. Classification rituelle, production technique, réglementation de cour, coutumes locales et médias modernes se sont souvent superposés. Un cadre historique bref reste utile à condition de ne pas laisser entendre que toutes les communautés ont adopté la même règle au même moment.

Premiers systèmes rituels et cosmologiques

Les données de la fin des Shang montrent déjà que des animaux sacrificiels de couleurs différentes pouvaient être choisis pour des usages rituels distincts, mais il ne s’agissait pas encore du tableau pleinement standardisé que l’on voit souvent en ligne. Les textes compilés et transmis à la fin des Zhou puis sous les Han ont développé des correspondances de plus en plus élaborées entre couleurs, directions, saisons et Cinq Phases. Le Kaogong ji, ou Registre des artisans, est particulièrement important pour comprendre la manière dont la pratique technique, les matériaux et les principes d’organisation de la conception étaient décrits dans la Chine ancienne.[1][2][3]

La conclusion historique la plus prudente est celle d’une formation progressive : les premières distinctions rituelles ont fourni des bases importantes, tandis que des penseurs et institutions ultérieurs les ont organisées en systèmes plus vastes. Il est trompeur d’attribuer sans changement le tableau complet et tardif des Cinq Couleurs aux débuts de l’histoire chinoise.

Culture impériale et culture matérielle

À mesure qu’évoluaient la teinture, le tissage, l’émaillage, la peinture et le travail des métaux, les possibilités chromatiques évoluaient elles aussi. Les manuels historiques de teinture montrent que les artisans combinaient différentes matières tinctoriales, des mordants, des séquences de traitement et des quantités variables pour élargir la palette textile. Une couleur nommée pouvait donc correspondre à une recette et à un résultat matériel, et pas seulement à une idée symbolique.[4]

Les vêtements de cour utilisaient eux aussi la couleur pour marquer le rang et l’occasion, mais les règles variaient selon la dynastie et le type de vêtement. À la cour des Qing, le jaune vif avait des usages impériaux particulièrement restreints, tandis que le jaune abricot, le jaune doré, le bleu, le bleu-noir, le rouge et d’autres couleurs de fond contribuaient à distinguer le statut des personnes autorisées à les porter et les contextes cérémoniels. Les robes conservées et les règlements de cour illustrés commandés sous l’empereur Qianlong montrent que la couleur fonctionnait avec le tissu, le nombre de griffes des dragons, les symboles et la forme du vêtement.[5]

Significations nationales, commerciales et mondiales modernes

Après la fin du système impérial, les réglementations de cour sur les couleurs ne régissaient plus la vie publique ordinaire. Le rouge a acquis de nouvelles associations nationales et politiques tout en restant central dans de nombreux contextes festifs. La mode mondiale, les robes de mariée blanches, l’identité de marque, les écrans numériques et la psychologie internationale des couleurs ont ajouté de nouvelles strates.

Ces significations modernes font pleinement partie de la culture contemporaine, mais elles ne constituent pas des preuves pour interpréter un objet ancien. Le recours au pourpre par une marque de luxe actuelle ne prouve pas que tout textile pourpre historique symbolisait la richesse, pas plus qu’une robe de mariée blanche contemporaine ne peut redéfinir le rôle du blanc simple dans les anciennes coutumes de deuil.

Comment le contexte modifie le sens d’une couleur

Le moyen le plus rapide d’éviter une lecture erronée est d’identifier d’abord le système social ou artistique auquel appartient l’objet, puis d’interpréter la couleur.

ContexteFonction de la couleurLimite d’interprétation
Nouvel An lunaire et mariagesLe rouge et l’or renforcent souvent le caractère festif, la visibilité et les vœux favorablesLes coutumes varient et aucune des deux couleurs ne garantit la chance
Funérailles et rites ancestrauxLe blanc, les étoffes non teintes, le chanvre et les tons sobres peuvent exprimer le deuil et la retenue rituelleLa tenue des invités et les degrés de deuil familial varient selon la communauté et l’époque
Vêtements impériaux et officielsLa couleur s’associe au textile, au motif, au type de vêtement, au rang et à l’occasion dans un code réglementéUne couleur seule ne permet pas d’identifier un empereur ou un fonctionnaire
Art bouddhique et taoïsteL’or, les couleurs minérales, les couleurs directionnelles et les robes servent des fonctions iconographiques et rituellesLes significations religieuses ne se transfèrent pas automatiquement aux objets profanes
Opéra chinoisLes couleurs du maquillage et des costumes aident à distinguer le rôle, le tempérament, le statut et l’identité scéniqueLe dessin complet du visage et le personnage comptent ; les codes scéniques ne sont pas des significations quotidiennes des couleurs
Peinture, céramique et textilesLa couleur peut indiquer un matériau, une technique, une saison, un genre ou une atmosphère visuelleLa décoration n’est pas automatiquement symbolique
Design public et commercial moderneLes références traditionnelles se mêlent à l’image de marque, à la politique, à la mode mondiale et aux conventions numériquesLes choix de design modernes ne peuvent pas être projetés rétrospectivement sur l’Antiquité

L’opéra fournit une mise en garde particulièrement utile. Un visage peint en rouge peut suggérer la loyauté chez un personnage précis de Jingju, tandis qu’un visage peint en blanc peut contribuer à caractériser la ruse. Il s’agit de conventions théâtrales définies par l’ensemble du maquillage facial, le rôle et l’intrigue ; elles ne signifient pas que toute personne associée au rouge serait loyale ni qu’un objet blanc serait perfide.[6]

Couleurs porte-bonheur, porte-malheur et taboues dans des situations réelles

Dans l’usage quotidien, « porte-bonheur » signifie généralement adapté à un contexte de célébration. « Porte-malheur » renvoie souvent à ce qui est inapproprié, s’accorde mal avec le ton de la situation ou se rattache à un tabou précis. Ce sont des conventions sociales, non des effets surnaturels.

  • Célébrations : Le rouge reste un choix sûr et facilement reconnu pour de nombreuses décorations du Nouvel An lunaire et des mariages traditionnels. L’or peut ajouter de l’éclat, mais il ne doit pas être interprété automatiquement comme de l’argent ou de la richesse.
  • Funérailles : Évitez de traiter des funérailles chinoises comme une célébration dominée par le rouge. Le blanc simple, les couleurs sobres ou une tenue formelle moderne sombre peuvent convenir, mais les usages attendus dépendent de la famille, de la région, de la religion et du lien entre la personne endeuillée et le défunt.
  • Noms écrits à l’encre rouge : Écrire entièrement à l’encre rouge le nom d’une personne vivante est largement considéré comme gênant ou irrespectueux. Les explications du tabou diffèrent ; il est donc plus prudent de respecter l’usage actuel que d’affirmer une origine unique et démontrée.
  • Le tabou du « chapeau vert » : L’expression « porter un chapeau vert » (戴绿帽子, dài lǜ màozi) désigne un homme dont l’épouse ou la partenaire est infidèle. Le tabou concerne le couvre-chef vert dans ce contexte idiomatique, et non les vêtements verts, les plantes, le jade ou la peinture de paysage en général.
  • Noir et blanc : Ces couleurs peuvent paraître solennelles, élégantes, modernes ou volontairement sobres. Il ne faut pas les réduire à une simple opposition occidentale entre bien et mal.

Pour les invitations, les cadeaux, les vêtements et le design événementiel, la question la plus sûre n’est pas « cette couleur porte-t-elle chance ? », mais « convient-elle à cet événement, à ce public et à cette relation ? »

Couleurs chinoises et occidentales : principales différences

Ni « la Chine » ni « l’Occident » ne possèdent de code chromatique parfaitement uniforme en leur sein. La comparaison ci-dessous met en évidence des contrastes récurrents, et non des règles partagées par toutes les personnes ou toutes les périodes historiques. La sémantique historique montre aussi pourquoi les catégories chromatiques modernes ne peuvent pas être simplement projetées sur les langues anciennes.[1][7]

CouleurContextes chinois courantsContextes euro-américains courantsCe qui modifie l’interprétation
RedCélébration, mariages, Nouvel An, accent rituelAmour, passion, danger, avertissementÉvénement, usage écrit, motif et nuance
BlancDeuil, simplicité, clarté, retenueMariages, pureté, innocence, stérilitéTenue, rôle rituel, matériau et influence moderne
NoirEau et nord, encre, profondeur, autorité, solennitéDeuil, élégance, rébellion, mal dans certains récitsCosmologie, médium artistique, vêtements et genre
BleuIndigo, céramique, décoration ou partie du champ historique de qingCalme, confiance, tristesse, professionnalisme dans la communication d’entrepriseTeinture, glaçure, langue et image de marque moderne
JauneTerre et centre, certains privilèges de cour, religionLumière du soleil, prudence, lâcheté, visibilitéDynastie, vêtement, nuance, institution et matériau
PourpreAstronomie, imagerie taoïste, statut élevé à certaines périodesRoyauté, luxe, spiritualité, créativitéRéférence textuelle, cadre religieux et disponibilité historique

Une comparaison interculturelle n’est utile que si elle ramène le lecteur à l’objet. Si un vase en porcelaine est bleu, demandez quel pigment et quelle tradition décorative l’ont produit. Si une robe est jaune, demandez qui la portait, sous quelle dynastie, pour quelle cérémonie et avec quels motifs.

Comment interpréter la couleur dans l’art, les vêtements ou le design chinois

  1. Identifiez le terme exact et le matériau. Distinguez les grandes étiquettes modernes de mots tels que chi, zhu, dan et qing. Notez si la couleur provient d’une teinture, d’un pigment, d’une glaçure, d’un métal, d’une pierre ou d’un matériau naturel.
  2. Datez et localisez l’objet. Un usage rituel de la fin des Shang, un vêtement Tang, une robe de cour Qing, un costume d’opéra régional et une affiche moderne ne partagent pas un même code chromatique.
  3. Établissez le médium et la fonction. Déterminez si l’objet est rituel, officiel, funéraire, festif, théâtral, religieux, commercial ou principalement décoratif.
  4. Lisez les combinaisons plutôt que les teintes isolées. Examinez les couleurs voisines, les animaux, les plantes, les caractères, les insignes de rang, les formes de vêtements et les autres motifs.
  5. Utilisez le texte qui entoure l’objet. Titres, inscriptions, recettes, règlements historiques, notices de catalogue et commentaires de musée peuvent réduire l’éventail des interprétations possibles.
  6. Choisissez le sens le plus précis que les preuves permettent. Si les données établissent seulement un choix matériel ou décoratif, n’en faites pas un symbole auspicieux, moral, religieux ou impérial.

Cette méthode fonctionne aussi pour le design contemporain. Un créateur moderne peut délibérément donner à une couleur un nouveau sens personnel, mais ce choix doit être présenté comme une interprétation moderne plutôt que comme une ancienne règle chinoise.

Erreurs d’interprétation courantes du symbolisme des couleurs chinoises

  • Une seule signification fixe : Les significations des couleurs chinoises changent selon l’époque, le matériau, l’objet, l’événement et l’imagerie associée.
  • Le rouge porte toujours chance : Le rouge est étroitement associé aux fêtes dans le bon contexte, mais il peut être inapproprié dans certains usages écrits, funéraires ou institutionnels.
  • Le jaune était uniquement impérial : Certaines nuances et certains vêtements étaient réservés dans des systèmes de cour particuliers ; le jaune apparaissait aussi sur des objets religieux, techniques et quotidiens.
  • Le blanc signifie uniquement la mort : Le blanc peut marquer le deuil, mais aussi exprimer la simplicité, la clarté, un matériau non coloré ou une retenue esthétique.
  • Le noir signifie le mal : Le noir a des usages positifs, neutres et négatifs ; dans les Cinq Couleurs, il correspond à l’Eau et au nord.
  • Qing signifie simplement cyan : Cette catégorie historique traverse plusieurs frontières chromatiques modernes et doit être traduite selon le contexte.
  • Les couleurs de l’opéra expliquent la vie quotidienne : Ce sont des conventions scéniques liées à une conception complète du personnage et à son rôle dramatique.
  • Les couleurs du Wuxing changent le destin : Le système historique de correspondances ne démontre aucun effet surnaturel.
  • Les couleurs traditionnelles ont des valeurs RVB exactes : La couleur historique dépend des matériaux, des recettes, des surfaces, du vieillissement, de la lumière et des conventions de dénomination.

FAQ sur la signification et le symbolisme des couleurs chinoises

Quelle est la couleur la plus porte-bonheur dans la culture chinoise ?

Il n’existe pas de couleur universellement porte-bonheur pour toutes les personnes et toutes les situations. Le rouge est la couleur de célébration la plus largement reconnue pour le Nouvel An lunaire et les mariages traditionnels, mais son caractère approprié dépend toujours de l’événement et de l’usage.

Quelles sont les cinq couleurs traditionnelles chinoises ?

Les Cinq Couleurs traditionnelles sont qing, chi (rouge), le jaune, le blanc et le noir. Dans le cadre Wuxing le plus connu, elles correspondent respectivement au Bois/est, au Feu/sud, à la Terre/centre, au Métal/ouest et à l’Eau/nord.

Pourquoi le blanc est-il associé au deuil en Chine ?

Le blanc simple et les matériaux non teints ont acquis une place importante dans les vêtements de deuil chinois et dans la retenue rituelle. Cet usage funéraire n’efface pas les autres associations du blanc avec la clarté, la simplicité, l’espace vide et les matériaux sans ornement.

Qing signifie-t-il bleu ou vert ?

Il peut signifier l’un ou l’autre, et parfois bleu-vert, vert grisâtre ou un ton plus sombre. La bonne traduction dépend de la période historique, de l’objet, du matériau et de l’expression dans laquelle qing apparaît.

Le jaune était-il réservé uniquement à l’empereur ?

Non. Certaines dynasties ont réservé des nuances de jaune, des vêtements et des motifs précis au souverain ou à la famille impériale, surtout dans les systèmes de cour formels. Le jaune apparaissait également dans l’art bouddhique, les textiles, la céramique et d’autres contextes non impériaux.

Sources

[1] Victoria Bogushevskaya. Chinese Color Language

[2] Mary M. Dusenbury, ed. Color in Ancient and Medieval East Asia

[3] Jun Wenren. Ancient Chinese Encyclopedia of Technology: Translation and Annotation of the Kaogong Ji

[4] Jing Han and Anita Quye. Dyes and Dyeing in the Ming and Qing Dynasties in China

[5] Victoria and Albert Museum. Influence and Longevity: A Festive Dragon Robe for Winter

[6] Alexandra B. Bonds. Beijing Opera Costumes: The Visual Communication of Character and Culture

[7] C. P. Biggam. The Semantics of Colour: A Historical Approach