Réponse rapide : qui sont les Neuf Fils du Dragon ?
Les Neuf Fils du Dragon, ou Lóng Shēng Jiǔ Zǐ (龙生九子), sont des créatures apparentées au dragon dont les goûts distincts ont été associés à des objets et à des contextes architecturaux précis. Il n’existe pas de liste canonique unique. Ce guide prend comme référence principale la liste largement diffusée associée à l’auteur Ming Li Dongyang, puis la compare à la version alternative de Yang Shen.[1][2][3]
- La liste n’est pas universelle : les sources Ming donnent des noms et des fonctions différents.
- Neuf ne désigne pas nécessairement un décompte exact : dans cette tradition, le nombre peut évoquer l’abondance ou un ensemble complet plutôt qu’une famille attestée de neuf frères exactement.
- Chaque créature « aime » quelque chose de différent : musique, sons puissants, danger, litiges, port de lourdes charges, écriture ou action d’avaler permettent d’expliquer l’objet qui lui est attribué.
- Le contexte matériel compte davantage qu’une biographie fantastique : les meilleurs indices d’identification sont l’instrument, l’arme, le toit, la porte, la cloche, la stèle ou l’objet rituel sur lequel la créature apparaît.
Les neuf noms les plus couramment cités aujourd’hui sont Qiuniu, Yazi, Chaofeng, Pulao, Suanni, Baxia, Bi’an, Bixi et Chiwen. Ils constituent une branche du système plus vaste présenté dans les symboles chinois et leurs significations.
Les Neuf Fils du Dragon ne constituent ni un arbre généalogique ancien et fixe ni neuf dragons miniatures au corps identique. Ce système de noms a pris forme dans les écrits de la dynastie Ming, qui ont associé des créatures apparentées au dragon à des instruments de musique, des armes, des éléments de toiture, des cloches, des stèles, des portes et d’autres objets.
Cette tradition est donc particulièrement utile pour interpréter la culture matérielle chinoise. Un bouton de cloche identifié comme Pulao, une créature placée à un angle de toit et associée à Chaofeng, ou un être porteur sous une stèle ne se contentent pas d’illustrer des récits : leurs préférences supposées expliquent pourquoi chaque image prend place sur un objet particulier. La tradition constitue ainsi un volet fonctionnel du système plus vaste des créatures mythiques chinoises.[1][4]
Que signifie « Neuf Fils du Dragon » ?
La formule clé est lóng shēng jiǔ zǐ, bù chéng lóng, gè yǒu suǒ hào — « le dragon engendra neuf fils ; aucun ne devint dragon et chacun avait sa propre préférence ». Elle est importante car elle met en évidence des différences au sein d’une même catégorie. Ces créatures appartiennent à la famille symbolique du dragon, mais elles ne ressemblent pas toutes au long dragon chinois couvert d’écailles.
Trois éléments de l’expression demandent à être nuancés :
- Neuf : le guide anglais du Musée du Palais indique que neuf peut signifier « un très grand nombre », ce qui aide à comprendre pourquoi plusieurs listes de neuf membres ont circulé. Il ne faut pas y voir la preuve d’une seule famille biologique dotée d’un ordre de naissance établi.[1]
- Fils : « sons » est la traduction anglaise conventionnelle de zǐ (子), généralement rendu en français par « fils ». Ici, le terme sert de catégorie pour désigner des descendants du dragon ou des êtres issus de sa lignée. Les récits conservés ne donnent ni mère unique, ni généalogie complète, ni récits d’enfance qui relieraient ces créatures entre elles.
- Chacun avait sa propre préférence : le goût attribué à une créature explique l’emplacement de l’ornement. Celle qui aimait la musique apparaissait sur un instrument ; celle qui aimait les cris puissants, sur une cloche ; celle qui aimait porter de lourdes charges, sous une stèle.
Les listes nominatives les plus connues nous sont parvenues par des sources Ming. Un récit critique postérieur affirme que Li Dongyang obtint ces informations d’autres fonctionnaires, les consigna en réponse à une question impériale et en ignorait la source ultime.[2] Il est donc plus exact de parler de « tradition systématisée ultérieurement » que de « mythologie demeurée inchangée depuis la plus haute Antiquité ».
Les Neuf Fils en un coup d’œil
Le tableau suit l’ordre utilisé dans le guide anglais du Musée du Palais et la liste attribuée à Li Dongyang. Il constitue un repère pratique, non un ordre de naissance démontré. Certaines graphies et associations avec des objets varient dans les transmissions ultérieures, en particulier pour Baxia et Bixi.[1][2]
| Nom | Chinois et pinyin | Préférence attestée | Emplacement traditionnel | Indice d’identification | Limite d’interprétation |
|---|---|---|---|---|---|
| Qiuniu | 囚牛, Qiúniú | Aime la musique | Tête ou extrémité d’un huqin et d’autres instruments à cordes | Petite tête de type dragon intégrée à un instrument | Le raffinement musical et le talent artistique sont des interprétations ultérieures, absentes de la brève notice Ming. |
| Yazi | 睚眦, Yázì | Aime tuer ou combattre | Pommeau d’épée, manche de couteau, garde ou garniture d’arme où le dragon semble « avaler » la lame | Tête féroce d’animal ou de dragon d’où semble émerger une lame | Son emplacement appuie une association martiale ; il ne prouve ni un pouvoir protecteur universel ni un profil complet de personnalité. |
| Chaofeng | 嘲风, Cháofēng | Aime le danger ou les hauteurs exposées | Angles de toiture de palais ou de temple | Créature placée en hauteur sur un angle ou une arête de toit inclinée | Ce nom ne doit pas désigner toute figurine de faîtage. Les séries réglementées de figures de toiture comprennent plusieurs créatures différentes. |
| Pulao | 蒲牢, Púláo | Aime crier ou rugir | Bouton ou élément de suspension d’une grande cloche | Créature compacte de type dragon fixée au sommet d’une cloche | Le récit selon lequel Pulao craignait une baleine explique, dans des sources postérieures, le percuteur en forme de baleine ; il ne s’agit pas d’un récit zoologique. |
| Suanni | 狻猊, Suānní | Aime s’asseoir | Trône bouddhique ou ornement de siège en forme de lion | Créature léonine assise dans un contexte bouddhique | La liste de Li insiste sur la position assise et le siège bouddhique. La fumée d’encens apparaît plus explicitement dans la description de Jinni par Yang Shen et dans des traditions ultérieures qui ont mêlé ces motifs. |
| Baxia | 霸上 ou, dans les formes modernes, 霸下, Bàxià | Aime porter de lourdes charges | Base en forme de créature sous une stèle de pierre | Animal robuste soutenant un lourd monument inscrit | Les récits modernes fusionnent souvent Baxia avec Bixi, de forme proche de la tortue. Aucune règle unique ne permet de séparer ces noms dans toutes les sources et à toutes les époques. |
| Bi’an | 狴犴, Bì’àn | Aime les litiges | Porte de prison ou cadre judiciaire officiel | Tête sévère de lion ou de tigre à une entrée | Les associations avec la justice et l’intégrité sont des interprétations positives ultérieures de sa présence dans un contexte judiciaire ; elles ne prouvent pas que l’image fasse elle-même respecter la justice. |
| Bixi | 屓屭 ou 赑屃, Bìxì | Aime l’écriture ou les inscriptions littéraires dans la liste associée à Li | Ornement de dragon à côté d’une inscription sur pierre ou autour de celle-ci | Forme de dragon liée au texte écrit sans nécessairement porter le monument | Yang Shen emploie au contraire Bixi pour le porteur de stèle en forme de tortue. La graphie et la fonction doivent être vérifiées selon la version utilisée. |
| Chiwen | 蚩吻, puis souvent 螭吻, Chīwěn | Aime avaler | Grande tête de créature à l’extrémité du faîtage principal d’un toit | Forme de dragon ou de créature marine, gueule ouverte, semblant avaler le faîtage | Ses associations avec l’eau et la prévention des incendies relèvent du symbolisme architectural. Elles ne doivent pas être présentées comme un effet surnaturel garanti. |
Ces entrées doivent surtout se lire comme des associations synthétiques entre l’image, la préférence et le support. Le tableau ne prouve pas que chaque lion ancien, tortue, masque de créature ou ornement de toiture ait été conçu à l’origine comme l’un des fils du dragon.
Origine de la tradition et raisons de la diversité des listes
Les créatures et formes décoratives ne sont pas toutes apparues soudainement sous les Ming. Les cloches, bêtes de toiture, formes léonines, supports de stèle en forme de tortue et ornements de dragon ont des histoires plus anciennes et en partie indépendantes. Les écrits Ming rendent surtout plus explicite le regroupement de certaines formes dans un ensemble nommé de neuf descendants du dragon.
Un plat Ming bleu et blanc conservé au Musée national de Chine offre un parallèle visuel éclairant. Cinq créatures marines décorent la paroi intérieure et neuf figurent à l’extérieur ; le musée interprète le décor comme une allusion au « dragon donnant naissance à neuf fils ».[4] Le plat confirme l’importance du thème dans la culture visuelle Ming, mais il n’identifie pas ses créatures aux mêmes neuf noms de l’une ou l’autre liste littéraire.
La liste de Li Dongyang dans le Huailutang Ji
La liste associée à Li Dongyang nomme Qiuniu, Yazi, Chaofeng, Pulao, Suanni, Bashang, Bi’an, Bixi et Chiwen. Sa particularité n’est pas un récit continu, mais une série ordonnée de correspondances : musique et huqin, meurtre et armes, danger et angles de toiture, cris puissants et cloches, position assise et sièges bouddhiques, poids et bases de stèle, litiges et portes de prison, écriture et inscriptions, action d’avaler et faîtages.[2]
Il ne faut pas attribuer à Li une autorité excessive. Une analyse textuelle postérieure rapporte qu’il ne connaissait pas tous les noms au départ, qu’il consulta Luo Qi et Liu Ji et qu’il ne put identifier la source plus ancienne de ces informations. Cette réserve est importante : la liste est une formulation Ming influente, non un catalogue officiel dont on aurait démontré qu’il régissait tous les ateliers antérieurs.
La liste alternative de Yang Shen
Yang Shen reprend la même formule introductive mais propose un ensemble différent. Sa liste comprend Bixi (赑屃), Chiwen (螭吻), Pulao (蒲牢), Bi’an (狴犴), Taotie (饕餮), Gongfu (蚣𧏡, forme rare transcrite de diverses manières), Yazi (睚眦), Jinni (金猊) et Jiaotu (椒图).[3]
| Relation avec la liste associée à Li | Membres et fonctions dans la version de Yang Shen |
|---|---|
| Noms communs | Pulao rugit et apparaît sur le bouton d’une cloche ; Bi’an possède de la force et se tient à une porte de prison ; Yazi aime tuer et apparaît sur une garniture d’arme. |
| Noms communs ou apparentés dont les détails changent | Bixi a une forme de tortue, aime porter de lourdes charges et soutient une stèle ; Chiwen aime regarder vers l’extérieur et apparaît comme une créature de toiture. |
| Membres propres à cette version | Taotie aime la nourriture et apparaît sur le couvercle d’un récipient ; Gongfu aime l’eau et figure sur une pile de pont ; Jinni ressemble à un lion, aime la fumée et apparaît sur un brûle-parfum ; Jiaotu ressemble à un coquillage, aime la fermeture et apparaît sur une garniture de porte. |
Yang dit avoir consigné ce récit de mémoire après avoir entendu parler de la réponse à la question impériale. Même au sein de cette tradition relativement concise, les formes des noms posent problème : les caractères rares employés pour Gongfu ont été transcrits et romanisés de plusieurs manières.
Ce que nous apprend le désaccord entre les listes
Ce désaccord n’est pas un défaut qu’il faudrait réparer en créant une liste hybride « correcte ». Il montre que les noms, les objets artisanaux, les formes visuelles et les récits explicatifs ont circulé ensemble de manière inégale. Certaines créatures étaient déjà connues dans d’autres contextes ; certaines fonctions pouvaient passer d’un nom à un autre ; et les éditeurs ultérieurs ont normalisé différemment les caractères rares.
Pour le lecteur, la conclusion la plus sûre est simple : identifiez la version de la source avant d’interpréter un objet. La séquence du Musée du Palais/Li constitue un repère moderne utile, tandis que Yang Shen conserve une tradition alternative tout aussi importante. Aucune ne doit être appliquée rétrospectivement à tous les objets plus anciens.
Où apparaissent les Neuf Fils dans l’art et l’architecture chinois
La manière la plus fiable de comprendre les fils du dragon consiste à les regrouper selon la fonction que leurs représentations remplissent sur les objets. L’emplacement constitue souvent un meilleur indice d’identification que la couleur, les griffes ou une fiche illustrée moderne de personnage.
Musique et cloches
Qiuniu appartient à l’iconographie des instruments à cordes. Sa tête de type dragon transforme l’extrémité d’un huqin ou d’un instrument apparenté en une créature associée à la musique. Pulao appartient aux cloches. Sa réputation de rugir fait du bouton de cloche un emplacement approprié, tandis que le récit du percuteur en forme de baleine propose une explication imagée d’un son plus puissant.[1]
L’ornement n’accroît pas la puissance acoustique par magie. Il relie la fonction réelle de l’instrument à une métaphore visuelle mémorable : le musicien joue pour Qiuniu et la cloche frappée fait « crier » Pulao.
Armes et justice
Le visage féroce de Yazi apparaît sur des garnitures d’armes parce que le récit Ming le décrit comme aimant tuer. L’image renforce le caractère martial d’une épée ou d’un couteau sans pour autant faire de toute garniture d’arme à tête de bête un Yazi identifié avec certitude.
Bi’an appartient à l’espace judiciaire plutôt qu’au champ de bataille. Sa présence aux entrées de prisons ou de bâtiments administratifs a suscité plus tard des associations avec le jugement et l’intégrité. Il est également utile de distinguer Bi’an de Xiezhi, créature distincte à une corne dont la tradition culturelle est beaucoup plus directement liée à la capacité de distinguer le juste de l’injuste.
Toits et lieux élevés
Chaofeng est associé aux hauteurs exposées et aux angles de toiture, tandis que Chiwen occupe les extrémités du faîtage principal. Ils ne sont pas interchangeables. Un alignement de figurines à l’angle d’un toit n’est pas non plus une simple représentation des Neuf Fils : la propre liste du Musée du Palais de figurines de faîtage comprend un dragon, un phénix, un lion, Xiezhi, Suanni et plusieurs autres créatures, et leur nombre varie selon le rang du bâtiment.[5]
Les grandes pièces en forme de dragon placées aux extrémités des faîtages avaient des fonctions pratiques aussi bien que décoratives. Une pièce Ming vernissée de faîtage en forme de dragon conservée aujourd’hui servait à stabiliser et à étanchéifier le point de rencontre des surfaces de toiture tout en achevant visuellement le toit.[6] La protection symbolique contre l’incendie et la fonction constructive réelle doivent donc être expliquées comme deux niveaux distincts.
Stèles, inscriptions et contextes liés à l’encens
L’imagerie des stèles révèle le principal problème de nomenclature. Le récit associé à Li attribue le port de charges à Bashang/Baxia et l’ornement littéraire à Bixi. Yang Shen appelle Bixi le porteur de stèle en forme de tortue. Les descriptions modernes de musées et de vulgarisation peuvent donc employer Baxia ou Bixi pour une tortue à tête de dragon portant un monument. Il est plus facile d’identifier l’objet que d’en normaliser le nom.
L’imagerie de l’encens présente un chevauchement comparable. Li associe Suanni aux sièges bouddhiques et au fait de s’y asseoir. Yang relie le Jinni léonin à la fumée et au brûle-parfum. La culture visuelle ultérieure mêle souvent le lion assis, le contexte bouddhique et la fumée d’encens. Cela ne rend pas Suanni identique aux lions gardiens chinois ordinaires, qui constituent leur propre tradition de gardiens architecturaux.
Les Neuf Fils ont-ils des significations symboliques fixes ?
Les Neuf Fils n’ont pas de dictionnaire intemporel de traits de personnalité. Il est plus utile d’évaluer leurs significations à trois niveaux :
| Niveau d’interprétation | Ce qu’il comprend | Comment l’utiliser |
|---|---|---|
| Préférence attestée | Aime la musique, crie fort, porte de lourdes charges, apprécie les litiges ou aime avaler | Traitez cela comme l’indice textuel principal, tout en indiquant la version Ming suivie. |
| Association matérielle | Instrument, cloche, arme, porte de prison, faîtage, stèle, brûle-parfum ou garniture de porte | Utilisez l’objet et son emplacement pour expliquer pourquoi la créature se trouve là. |
| Symbolisme ultérieur ou moderne | Sensibilité artistique, courage, justice, endurance, protection ou autres significations véhiculées par le design | Présentez-les comme des interprétations plutôt que comme la définition d’origine ou des effets réels vérifiables. |
Un motif peut exprimer un souhait de stabilité, d’autorité, de sécurité ou de continuité culturelle. Cela ne revient pas à affirmer qu’une image de Baxia ferait durer matériellement un monument pour toujours, que Bi’an garantirait la justice ou qu’un ornement de Chiwen empêcherait un incendie. La tradition fournit un langage symbolique, non un pouvoir causal vérifiable.
Erreurs d’identification et confusions de noms courantes
| Confusion courante | Interprétation plus exacte |
|---|---|
| Bixi et Baxia sont toujours deux créatures nettement séparées | La liste associée à Li distingue un Bashang/Baxia porteur de charge d’un Bixi lié à l’écriture, mais Yang Shen appelle Bixi le porteur de stèle en forme de tortue. Vérifiez la source, la graphie et l’objet plutôt que d’imposer une règle universelle. |
| Chiwen, Chaofeng et toutes les créatures de toiture sont identiques | Chiwen se place à l’extrémité du faîtage principal, tandis que Chaofeng est associé aux hauteurs dangereuses ou aux angles de toiture. Les processions formelles de créatures de faîtage comprennent de nombreux autres êtres et obéissent à des règles de rang architectural. |
| Suanni n’est qu’un autre nom du lion gardien | Suanni est une forme léonine apparentée au dragon dans la tradition des Neuf Fils. Les lions gardiens ont une histoire plus large et distincte en tant que protecteurs architecturaux disposés par paires. |
| Les Neuf Fils sont les enfants des Rois-Dragons | Les Rois-Dragons sont des divinités aquatiques dans les récits religieux et mythiques. La liste des Neuf Fils classe des créatures ornementales et ne leur attribue pas un Roi-Dragon unique comme parent. |
| Taotie fait toujours partie des Neuf Fils | Taotie apparaît dans la version de Yang Shen mais pas dans la liste de référence associée à Li. Le sens originel des motifs taotie des Shang et des Zhou reste débattu ; la créature plus tardive de Yang, friande de nourriture, ne doit pas servir à décoder chaque masque antique en bronze. |
| Bi’an et Xiezhi sont des créatures de justice interchangeables | Dans la tradition des Neuf Fils, Bi’an est lié aux litiges et aux portes de prison. Xiezhi est un emblème indépendant à une corne, associé au discernement du juste et de l’injuste. |
Les caractères rares compliquent encore la question. Bixi s’écrit 赑屃 en chinois simplifié et 贔屭 en chinois traditionnel, tandis que les textes anciens conservent d’autres variantes graphiques. Chiwen peut apparaître sous les formes 蚩吻, 螭吻, 鸱吻 ou dans une terminologie de toiture apparentée. Ces graphies peuvent refléter la transmission des textes et le vocabulaire architectural, et non neuf créatures nouvellement découvertes.
Comment identifier l’un des Neuf Fils dans l’art
- Commencez par le support : déterminez si l’image appartient à un instrument, une cloche, une arme, un portail, un toit, une stèle, un siège bouddhique, un brûle-parfum, un pont ou une porte.
- Vérifiez la position exacte : une créature placée sous une stèle remplit une fonction différente d’un dragon qui s’enroule autour de son inscription. L’extrémité d’un faîtage principal diffère d’une figurine de faîtage d’angle.
- Étudiez toute la composition : recherchez une lame sortant d’une bouche, une créature formant le bouton d’une cloche, un corps de type tortue portant du poids ou un visage semblable à un coquillage tenant un anneau de porte.
- Établissez la date : un motif ancien de créature peut précéder sa classification ultérieure comme fils du dragon. Ne l’identifiez pas sur la seule base de sa forme.
- Identifiez la version textuelle : un porteur de stèle appelé Bixi peut correspondre à Yang Shen, tandis que Baxia apparaît dans de nombreux récits modernes de la séquence de Li. Taotie et Jiaotu orientent vers la liste alternative.
- Utilisez la notice de catalogue comme source probante, et non comme simple élément décoratif : les notices de musée, rapports archéologiques, inscriptions et documents architecturaux constituent des sources plus solides que les illustrations modernes de personnages ou les descriptions commerciales.
La couleur et le nombre de griffes sont de faibles critères. Aucune règle valable pour toutes les périodes n’impose à chaque fils une couleur, un nombre de cornes, un type de corps ou une expression faciale fixes.
Comment utiliser les Neuf Fils dans le design moderne
- Choisissez une version : utilisez la séquence du Musée du Palais/Li comme référence largement reconnaissable, ou nommez la version de Yang Shen lorsque Jiaotu, Gongfu, Jinni ou Taotie sont inclus parmi les membres.
- Faites correspondre la créature et le contexte : Qiuniu convient à la musique ; Pulao au son ; Chiwen à un motif de toiture ; Jiaotu à la fermeture ou à une entrée. La relation historique avec l’objet donne sa cohérence à la conception.
- Vérifiez les caractères et le pinyin : les caractères rares et variantes graphiques doivent être contrôlés avant une gravure, un tatouage ou l’enregistrement d’un logo.
- Tenez compte des contextes sensibles : l’association de Bi’an avec la prison et le contexte guerrier de Yazi peuvent mal convenir à un mariage, un produit pour enfants ou une marque hôtelière cherchant à évoquer le calme.
- Présentez clairement les inventions nouvelles : un groupe de neuf créatures ailées, élémentaires et différenciées par couleur peut très bien fonctionner dans un univers de fantasy, mais ses pouvoirs et sa hiérarchie sont des créations modernes.
- Évitez les promesses d’efficacité : présentez l’endurance, la justice, la protection ou le raffinement musical comme des messages culturels, non comme des promesses de chance, de richesse, de sécurité ou de succès en justice.
Pour un tatouage permanent, une installation architecturale ou une identité commerciale, faites examiner l’image et le texte chinois qui l’accompagne par un spécialiste qualifié de la culture et de la langue.
À retenir
Les Neuf Fils du Dragon se comprennent le mieux comme un cadre explicatif souple élaboré à l’époque Ming pour interpréter des images placées sur des objets et des bâtiments. Les listes diffèrent parce que noms, motifs et fonctions artisanales n’ont jamais été régis par une généalogie universelle. Examinez le support, l’emplacement, la date et la version textuelle avant d’attribuer un nom ou une signification.
FAQ sur les Neuf Fils du Dragon
Comment prononce-t-on Longsheng Jiuzi ?
Lóng shēng jiǔ zǐ est le pinyin mandarin standard de 龙生九子. Les tons sont deuxième, premier, troisième et troisième. Une approximation en anglais ne peut pas reproduire précisément ces tons ; le pinyin avec marques tonales est donc préférable dans un texte pédagogique ou formel.
Les Neuf Fils du Dragon sont-ils des dieux ?
Les Neuf Fils sont avant tout des créatures légendaires qui servent à expliquer certaines formes décoratives, et non un groupe organisé de dieux. Les principales listes Ming ne leur attribuent ni réseau commun de temples, ni clergé, ni rituel de culte standard. Une créature particulière peut acquérir des associations religieuses ou populaires plus larges dans un autre contexte, sans que toute la liste devienne pour autant un panthéon.
Les Neuf Fils apparaissent-ils tous ensemble dans l’art traditionnel ?
Non. Un objet individuel utilise normalement la créature adaptée à sa fonction : Pulao sur une cloche, Yazi sur une arme ou une créature porteuse sous une stèle. Des ensembles complets de neuf membres existent dans l’art ultérieur et le design moderne, mais un objet n’a pas besoin des neuf figures pour employer ce langage symbolique.
Les Neuf Fils sont-ils toujours mâles ?
L’expression conventionnelle emploie zǐ, généralement traduit par « fils », mais les listes Ming ne fournissent pas de descriptions biologiques établissant un sexe fixe pour chaque créature. Les illustrations modernes ne devraient pas déduire le genre de la couleur, du nombre de cornes, de la taille ou de la position dans la liste.
Les Neuf Fils portent-ils les mêmes noms dans toute l’Asie orientale ?
Il n’existe pas de liste universelle pour l’Asie orientale. Les créatures apparentées aux dragons, les ornements de toiture, les tortues porte-stèle et les textes chinois ont circulé dans toute la région, mais les noms, les fonctions, les formes artistiques et les associations religieuses ont été adaptés aux contextes locaux. Une image japonaise, coréenne ou vietnamienne doit être interprétée selon sa date et son contexte culturel propres.
Le Mur aux Neuf Dragons représente-t-il les Neuf Fils ?
Non. Le Mur aux Neuf Dragons de la Cité interdite montre neuf dragons dans un décor de nuages et d’eau ; sa description officielle ne les identifie pas aux Neuf Fils.[7] Un groupe de neuf dragons n’est pas automatiquement une liste codée allant de Qiuniu à Chiwen.
Sources
[1] The Palace Museum Youth. Les Neuf Fils du Dragon
[2] Hu Shizhen. Shuo Lü, volume 30
[3] Yang Shen. Sheng’an Ji, volume 81
[4] Musée national de Chine. Plat bleu et blanc aux dragons ailés parmi les vagues
[5] The Palace Museum Youth. Les mystérieuses créatures des faîtages
[6] Musée du Palais. Élément vernissé de faîtage en forme de dragon
[7] Musée du Palais. Mur aux Neuf Dragons