Réponse rapide : qui est Kuafu ?
Kuafu(夸父,Kuāfù), également écrit Kua Fu en anglais, est un géant d’un mythe chinois dans lequel il poursuit le Soleil. Sa course s’achève sur une soif insurmontable, tandis que le bâton qu’il abandonne devient un élément durable du paysage.
- Action centrale : Il poursuit le Soleil et cherche une quantité d’eau que même les grands fleuves ne peuvent lui fournir.
- Fin la plus connue : Il meurt avant d’atteindre une autre source d’eau ; son bâton devient une forêt.
- Interprétation : Le récit peut évoquer une ambition extraordinaire, les limites du corps et ce qui subsiste après un effort resté inachevé.
Les textes ne mettent pas tous en avant les mêmes aspects du personnage. Il s’agit d’un mythe transmis par la tradition, non d’une biographie vérifiée ni d’une explication du mouvement physique du Soleil.

Un géant court après le Soleil jusqu’à ce que même les plus grands fleuves ne puissent étancher sa soif. Le récit change alors d’échelle : le coureur tombe, mais une forêt demeure. Dans la mythologie chinoise, l’image mémorable de Kuafu associe une énergie immense à une limite que la seule force ne peut abolir.
La poursuite, la soif et le bâton
Le récit le plus connu provient du Shanhaijing(山海经,Shānhǎijīng), ou Classique des monts et des mers, dans sa section consacrée aux régions au-delà des mers du Nord. Kuafu poursuit le Soleil vers le couchant. La soif le pousse à boire dans le Fleuve Jaune et la rivière Wei, mais même ces eaux ne suffisent pas. [1]
Il part vers le nord, en direction d’un vaste marais ou d’un grand lac. Il meurt de soif avant de l’atteindre. Son bâton abandonné se transforme en Denglin(邓林,Dènglín), la forêt nommée dans le passage : c’est le dénouement miraculeux du récit. De nombreuses explications ultérieures y voient une forêt de pêchers, mais la brève fin du texte original se contente de nommer Denglin, sans développer tous les détails postérieurs concernant son ombre et ses fruits.
Le récit ne se termine pas avec Kuafu qui s’empare du Soleil ou qui modifie l’alternance ordinaire du jour et de la nuit. Il progresse de la poursuite à la soif, puis à la mort et à la transformation. La forêt prolonge le récit sans effacer l’échec de la quête.
La démesure du récit relève du langage mythique. Le fait que même de grands fleuves ne suffisent pas à étancher sa soif donne une forme concrète à un besoin impossible ; il ne s’agit pas du récit d’un exploit à interpréter comme une endurance humaine ordinaire.
Les textes mettent l’accent sur des aspects différents
Le Liezi(列子,Lièzǐ)tel qu’il nous est parvenu, dans le chapitre Tang Wen, s’ouvre sur le constat que Kuafu a mal évalué ses forces. Il développe aussi la croissance de la forêt en reliant le bâton abandonné à son corps mort. Cette présentation rend particulièrement explicite le coût de la poursuite. [2]
Un autre passage du Shanhaijing, dans le Classique du Grand Désert du Nord, réunit la poursuite due à la soif et l’affirmation selon laquelle Yinglong(应龙,Yìnglóng), un dragon, a tué Kuafu. Il est difficile de fondre ces versions dans une seule séquence littérale. [3]
| Contexte textuel | Accent particulier | Conséquence pour la lecture |
|---|---|---|
| Régions au-delà des mers du Nord | Poursuite, eau bue aux fleuves, soif et transformation du bâton | Fournit la trame concise la plus connue |
| Liezi, Tang Wen | Mauvaise évaluation de ses forces et récit développé de la croissance de la forêt | Rend explicite la lecture de la démesure |
| Grand Désert du Nord | Imagerie généalogique et récit distinct où Yinglong tue Kuafu | Conserve des éléments qui ne s’intègrent pas à une biographie unique et continue |
Une réécriture peut choisir un récit ou combiner plusieurs éléments. Elle doit signaler ce choix au lieu de présenter chaque version comme un chapitre d’une même biographie aux dates établies.
Ambition, limites et l’expression liée à Kuafu
Kuafu zhu ri(夸父逐日,Kuāfù zhú rì), « Kuafu poursuit le Soleil », subsiste comme expression idiomatique. Le dictionnaire du ministère de l’Éducation explique ses emplois figurés comme le fait de surestimer ses capacités ou d’avoir une grande ambition sans parvenir à mener l’entreprise à terme. [4]
Cette pluralité de sens est importante. Dans un contexte, Kuafu sert d’avertissement : la détermination ne supprime pas toutes les limites. Dans un autre, la grandeur d’un objectif inachevé mérite l’attention même sans réussite. Le dénouement de la forêt autorise une autre lecture : un effort peut laisser derrière lui quelque chose de différent de son but initial.
Ces lectures n’ont pas à se réduire à une morale unique et obligatoire. La brève poursuite reste mémorable en partie parce que l’admiration et l’inquiétude peuvent coexister. La démesure de Kuafu est extraordinaire, mais la soif reste décisive.
Poésie, spectacle et mythes apparentés
Tao Yuanming(陶渊明,Táo Yuānmíng)évoque à nouveau Kuafu dans le neuvième poème de sa série Lecture du Classique des monts et des mers. Il souligne la grandeur du dessein qui anime la poursuite et la forêt qui demeure ensuite. Cette réponse poétique peut ainsi déplacer l’attention de l’échec final vers le sens de ce qui subsiste. [5]
Les créations scéniques modernes peuvent poser d’autres questions. Dans Book of Mountains and Seas, œuvre de théâtre vocal de Huang Ruo, Kuafu se demande où va le Soleil la nuit, et sa poursuite est interprétée à la lumière des conséquences d’une exploitation sans limite de la nature. Il s’agit de l’interprétation propre à une adaptation, et non d’un motif implicite qu’il faudrait ajouter à chaque passage ancien. [6]
Le récit de Hou Yi et des soleils met en scène un archer confronté à plusieurs soleils, et non cette poursuite épuisante. La tentative de Jingwei de combler la mer offre une autre comparaison entre un objectif immense et des moyens limités, mais elle part d’une autre perte et d’une autre transformation.
Lorsque vous retrouvez Kuafu dans une autre œuvre, observez si elle insiste sur la poursuite, l’avertissement, la persévérance ou la forêt laissée derrière lui. Reconnaître ce choix permet de préserver la tension du récit.
FAQ sur Kuafu poursuivant le Soleil
Kuafu attrape-t-il le Soleil ?
Il ne le capture pas et ne s’en empare pas. Le récit le plus connu se termine par sa mort alors qu’il cherche suffisamment d’eau.
Pourquoi Kuafu poursuit-il le Soleil ?
Le bref passage le plus connu n’explique pas précisément son motif. Les récits ultérieurs avancent des raisons différentes.
Que devient le bâton de Kuafu ?
Il devient Denglin, souvent interprété comme une forêt de pêchers. Les détails varient selon les récits.
Le récit célèbre-t-il l’ambition ou met-il en garde contre elle ?
Les deux lectures existent. L’accent dépend de la formulation du texte considéré ou du contexte dans lequel l’expression est employée.
Sources
[1] Classic of Mountains and Seas. Regions Beyond the Northern Seas, Kuafu Passage
[2] Liezi. Tang Wen
[3] Classic of Mountains and Seas. Northern Great Wilderness
[4] Ministry of Education, Taiwan. Dictionary of Chinese Idioms: Kuafu Zhu Ri
[5] Tao Yuanming. Reading the Classic of Mountains and Seas, Poem Nine
[6] Huang Ruo and production team. Book of Mountains and Seas Programme